Lecture de Alcader ] Les mécréants sourds et aveugles! ] Coran égale fascisme? ] Cherche musulmans modérés désespérément! ] L'islam, c'est le Moyen - Âge. ] Islam de Fond ] Anti occidentaux les Arabes? ] Nasreen contre l' islam (suite) ] Nasreen contre l'islam ] Les musulmans dans la laïcité ] Pas de salamalecs ] Les réseaux d' Allah ] De l' islam ] [ Islam et liberté ] Le Coran et les femmes ] Coran authentique? ] La femme voilée ] Le Coran, la Bible et l' Orient ancien ] Mahomet ]

Le livre athée ] Démocratie ou coran? ] L'islam enfin discuté par les Soumis! ] Le coran dans les voiles. ] Voltaire contre Mahomet ] Warraq ] Textes officiels ] Lectures diverses ] Sites à consulter ]

 

Retour à la page d' accueil

 

Perdu ? Le plan du site !

Plan du site. Cliquez

 

 

Cliquez pour agrandir

 

 

 

 À cet égard, il est malheureusement évident que l’intégrisme existe, à des degrés divers, dans pratiquement tous les pays musulmans. Aussi, une question fondamentale s’impose : l’islam génère-t-il nécessairement une culture antidémocratique ? Sûrement pas. Le propos ici est de démontrer que l’intégrisme n’est pas une fatalité, que ce n’est pas là une question religieuse, mais un problème de culture et d’éducation. En effet, il est nécessaire de distinguer musulman et islamiste.

Pour les musulmans, l’islam est une religion populaire et tranquille. C’est d’abord une religion, en ce sens que c’est essentiellement une croyance, une réponse à la question lancinante de la vie et de la mort, un moyen efficace d’apaiser l’angoisse de l’existence, l’espoir d’une vie après la mort, qui serait pleine de justice et de bonheur. Elle signifie simplement que la superpuissance qui a créé ce monde, Dieu, a inspiré à Mohamed, un homme parmi les hommes, et qui a eu, comme tous les hommes, des forces et des faiblesses, un message d’amour, d’égalité, de fraternité et de paix. Cet homme a connu d’énormes difficultés, car il a été dénigré, pourchassé par les siens, et a failli être tué ; alors, il s’est défendu. Mais, en dehors de cette autodéfense, son message est fondamentalement un message de paix et de concorde.

Ce message contient des obligations individuelles telles que les prières, le jeûne, les interdits alimentaires, que chacun respectera à sa manière ou ne respectera pas, selon sa convenance et la profondeur de sa conviction. Dans toutes les religions, il y a des croyants pratiquants et d’autres qui ne pratiquent pas ou peu. Pour chacun, c’est affaire personnelle. Personne n’a le droit

57

 

Pour eux, Dieu a créé l’humanité pour qu’elle lui obéisse et a choisi le Prophète Mohamed, un homme parfait, pour transmettre ses ordres à cette humanité. Ce dernier a été suivi par une poignée de fidèles, tous bons, généreux et dévoués et combattu par une armada de méchants mécréants qui étaient, tous, hautains, menteurs, pernicieux et rapaces. Avec l’aide de Dieu, les forces du bien, peu nombreuses, ont triomphé des forces du mal, malgré leur grand nombre. L’histoire de l’islam est celle d’une épopée manichéenne.

Après la mort du Prophète, ce combat a continué entre « les gentils et les méchants ». Les compagnons du ¿ Prophète et leurs successeurs, des hommes qui étaient,  sinon parfaits, du moins quasi parfaits, ont constitué un État et posé un droit. Aujourd’hui, il faut reconstituer  cet État et revenir à ce droit qu’il faudra appliquer à la lettre sans rien y changer. De toute façon, ce droit ayant été établi par des hommes saints sur la base du Coran  (tel qu’ils l’ont compris) et des dires du Prophète (tels ( qu’ils les ont recomposés un siècle après), on n’a pas le  droit d’y toucher. Les successeurs des compagnons du Prophète étaient de bons disciples et ceux qui se sont( opposés à eux, de l’intérieur ou de l’extérieur, tous méchants. Cette lutte des forces du bien contre les forces du mal n’a jamais cessé.

59

 

– La deuxième catégorie de règles du droit musulman, celle que les islamistes veulent faire oublier, ce sont toutes celles relatives à l’esclavage. Il ne s’agit pas d’une règle unique disant seulement qu’un homme peut  être propriétaire d’un autre homme. Non, c’est un ensemble de règles innombrables : par exemple, les raisons pour lesquelles une personne peut devenir esclave, les conditions de validité de la vente de l’esclave, l’annulation de la vente pour vice caché (vice caché dans le corps de l’esclave), le droit pour le propriétaire de la femme esclave d’avoir avec elle des rapports sexuels (elle devient alors sa concubine tout en restant esclave), l’interdiction pour la femme libre d’avoir les mêmes rapports avec son esclave, la filiation paternelle de l’enfant de la concubine, ses droits successoraux, etc. En fait, ces règles sont réparties sur l’ensemble des chapitres du droit musulman ; mais on pourrait les réunir dans une sorte de code de l’esclavage qui serait assez volumineux. L’institution de l’esclavage fait tellement partie intégrante de la charia que, même si les intégristes n’en parlent pas et essayent de la faire oublier, elle réapparaît parfois à la surface. C’est ainsi que, entraîné par un journaliste qui l’interviewait, Gheikh Lakhoua, tête de liste des islamistes aux élections législatives tunisiennes de 1989, a clairement déclaré que, en cas de guerre, les  prisonniers doivent être réduits en esclavage, comme le veut le droit musulman ‘. Cela en dit long sur la prétendue modération des islamistes tunisiens. Dernièrement, en 1988, quand les dirigeants du mouvement islamiste

 65 

Si les intégristes voulaient nous faire retourner à l’époque de l’âge d’or de l’islam avec le grand mouvement de traduction des savants et philosophes grecs et indiens, époque des débats pacifiques et passionnants entre mu’tazilites et traditionalistes, ce serait acceptable. Mais, ce qu’ils veulent, c’est nous faire revivre « la période du passé qui a adopté la tradition à la place de la réflexion et la répétition à la place de la création ' ».

Même s’il faut se féliciter des avancées musulmanes dans la reconnaissance de l’autre, cela n’empêche pas de regretter que les uléma aient établi, pour les juifs et les chrétiens, dans leurs rapports avec l’État islamique, sinon un statut d’étrangers protégés, du moins celui de sujets de seconde zone. Ces minorités bénéficiaient de la garantie de leur sécurité, de la jouissance de leurs biens et de la liberté d’exercice de leurs cultes. Mais elles subissaient plusieurs discriminations sociales, poli-tiques et juridiques ‘º. Le statut islamique des minorités est complexe. Il est fait de tolérance, remarquable pour l’époque, et de discriminations, inacceptables aujourd’hui. Comme le dit Lévi-Strauss, « l’islam, qui dans le Proche-Orient fut l’inventeur de la tolérance, pardonne mal aux non-musulmans de ne pas abjurer leur foi au profit de la sienne puisqu’elle a sur toutes les autres la supériorité écrasante de les respecter" ». Certaines des discriminations établies par les uléma subsistent encore aujourd’hui dans certains pays musulmans ". Elles seront certainement aggravées considérablement chaque fois qu’un des régimes actuels, qui sont mi-modernes mi-religieux, cédera la place à un régime intégriste. N’oublions pas les malheurs qui ont été infligés aux bahaïs depuis le jour où Khomeiny a pris la place du chah d’Iran.

 

76

Le mot est maintenant chargé du sens d’athéisme ; l’État laïc serait nécessairement hostile à la religion. C’est cependant un aspect secondaire de la question. L’essentiel est que la laïcité à la française s’adapte mal à l’islam. La transposition de la laïcité occidentale dans les pays musulmans chi’ites sera possible le jour où les circonstances s’y prêteront, grâce à l’existence d’une hiérarchie religieuse dans le chi’isme. Mais tel n’est pas le cas dans l’islam sunnite qui ne connaît ni pape, ni Église, ni clergé. Si la laïcité est la séparation entre l’État et l’Église, elle devient pour les sunnites impraticable ", car ce serait la séparation entre l’État et le néant. Il faut donc rechercher une forme qui conviendrait mieux pour séparer la religion et la poli-tique.

La spécificité de l’islam sunnite est que la construction et l’entretien des mosquées et des établissements d’enseignement religieux ont toujours été financés principalement par l’État ". De même que l’État a toujours désigné les imams qui dirigent la prière à la mosquée, les professeurs qui enseignent dans les universités de théologie et les muftis qui conseillent les croyants sur les questions religieuses. L’ensemble de ce secteur a toujours été considéré comme un service public. La nature de l’islam est telle que, dans un pays musulman, l’État ne peut se soustraire à ses obligations religieuses. La démocratie implique non pas la séparation entre l’islam et l’État, mais, au sein de l’État, la séparation entre la fonction religieuse et les fonctions politiques. Ce serait un compromis raisonnable et bien adapté aux circonstances, à condition que cessent les abus que l’on constate aujourd’hui et qui sont de deux sortes.

 

195

 

La femme a toujours une position inférieure par rap-port à celle de l’homme. La mère est à la cuisine quand le père est à la bibliothèque . Cette situation n’est pas seulement un fait social mais une règle religieuse. Un ouvrage scolaire yéménite va très loin dans ce sens, dans la mesure où il rappelle la règle charaïque selon laquelle la soumission de la femme à Dieu – autrement dit son islamité – est inacceptable si elle n’est pas accompagnée par la soumission au mari. La prière de la femme mariée est irrecevable le jour où son mari est mécontent d’elle ; ce qui implique un devoir permanent d’obéissance absolue 4’.

Dans la plupart des pays arabes, ce n’est pas seule-ment dans l’enseignement religieux qu’on trouve la présentation apologétique de l’histoire de l’islam. Gitons à titre d’exemple ce passage du livre marocain des Règles de la langue arabe 4’ qu’on pourrait traduire ainsi : « Haroun Errachid était éloquent, généreux, noble, intelligent ; par alternance, tous les deux ans, il accomplissait un pèlerinage à La Mecque une année et livrait une guerre sainte l’année suivante. Il était un homme de lettres à l’esprit vif. Il connaissait par cœur le noble Coran. Il était un grand savant doté d’un sens esthétique raffiné et d’une grande capacité pour le juste discernement. Il était courageux pour le triomphe de la justice... » Quand on sait que Haroun Errachid, qui était certes un grand calife abbasside, n’était ni un saint dans sa vie privée (très nombreuses concubines, soirées de libations...) ni un gouvernant juste (sa façon de liquider les Barmaki, par exemple, en dit long sur son sens de la justice), on a une idée de la distance qui sépare la réalité de l’image idéalisée donnée.

227

 

 

28/05/08

haut de la page

©opyright (très relatif), mais comme certains nous copient sans nous citer ...