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Débats & Opinions

Le bloc-notes

Yvan Rioufol

[04 juin 2004]

La nouvelle insulte

Américanophile : la nouvelle insulte. A l'occasion du soixantième anniversaire du Débarquement, les sycophantes se bousculent pour rappeler que les Américains auront traîné des pieds avant d'entrer en guerre contre le nazisme, qu'ils auront limité leurs pertes, violé des Françaises, bombardé des villes à l'aveuglette, méprisé le pays au point d'avoir voulu l'assimiler à l'Allemagne hitlérienne en prévoyant son administration par une force d'occupation (l'Amgot). «Nous sommes tous Irakiens», suggère le pilonnage médiatique, qui veut voir l'oppresseur derrière le libérateur. «US go home!» scandaient semblablement les communistes dans l'après-guerre.

Aussi faut-il plaider coupable: oui, je suis américanophile. Plus que jamais, depuis que George Bush et ses alliés se sont mis dans le pétrin irakien. Les États-Unis sont arrogants, égoïstes, brutaux ; soit. Mais je persiste et je signe, pour trois raisons : parce qu'ils ont entrepris de résister à l'expansionnisme coranique ; parce que les démocraties sont menacées par ce totalitarisme qu'elles regardent avec complaisance ; parce que l'Europe antiguerre et accommodante risque de s'offrir, demain, à l'ordre islamique.

Les «nazislamistes» ont prévenu : «Nous vaincrons parce que nous aimons la mort, autant que vous aimez la vie.» Pas une semaine sans qu'ils ne le démontrent, en lançant au nom d'Allah des bombes humaines parmi des civils, en tranchant des gorges - neuf otages ainsi exécutés samedi par al-Qaida en Arabie - en mutilant des corps, en exhibant des cadavres, sans émouvoir les défenseurs des droits de l'homme. Cela fait plus de trente ans que les fondamentalistes annoncent vouloir réislamiser les musulmans, chasser les mécréants, conquérir de nouvelles terres. Ils font ce qu'ils disent ; il suffit de les écouter.
L'idéologie islamiste, comparable au nazisme par bien des aspects (culte de l'homme supérieur, asservissement au dogme, haine du juif), peut gagner la troisième guerre mondiale, déclarée le 11 septembre 2001. L'Occident est prêt, en effet, à s'amender de fautes qu'il n'a pas commises. Quitte à renier ses racines chrétiennes. C'est parce que le monde arabo-musulman n'a pas voulu s'ouvrir à la modernité de la science, de la démocratie et du capitalisme qu'il s'est fait distancer au fil des siècles. L'Occident n'est pour rien dans sa régression, qui alimente chez les fanatiques des discours d'humiliés, puisant dans le Coran les raisons de faire la guerre.  Il est trop simple d'estimer, comme l'écrit par exemple Michel Rocard dans Le Figaro, que les États-Unis sont «en train de mettre à feu et à sang à la fois l'Irak et le Proche-Orient». Ce type de raisonnement peut laisser comprendre que les islamistes auraient une légitimité à se défendre contre une agression infondée ; ce qui est une autre façon d'excuser la montée en puissance d'un totalitarisme en marche.  Non, c'est le nihilisme terroriste qui met l'Irak et le Proche-Orient à feu et à sang et qui veut le désordre dans le monde. Les États-Unis ont choisi de le combattre par la force, nécessairement maladroite, odieuse, injuste. Elle n'est pas suffisante, c'est entendu. Mais fallait-il répondre, jadis, par le pacifisme et la collaboration à la menace «nationale- ocialiste» allemande ?  Vrai danger
Cessera-t-on de se tromper d'ennemi, au prétexte de s'affirmer face aux États-Unis ? Il est faux de marteler - ce sera encore le cas aujourd'hui à Rome et demain à Paris lors de manifestations organisées contre la présence de George Bush - que le président américain est une menace pour la paix et la sécurité du monde. Bush mérite d'être critiqué pour ses erreurs en Irak. Mais faire de lui et de ses alliés «l'axe du mal» ne peut être interprété, notamment dans des cités françaises qui auront applaudi au 11 septembre, que comme un encouragement à l'islamisme et à ses mépris pour les juifs et les chrétiens, citoyens de seconde zone(«dhimmis») pour le Coran.

Alors que l'Europe fait partie des cibles désignées par ce totalitarisme, il est effarant de la voir se désintéresser de son adversaire, en affaiblissant le camp des démocraties par ses intransigeantes attaques anti-Bush. Ajoutons, d'ailleurs, qu'il fut pareillement effarant de voir en 1999 les États-Unis se tromper d'adversaires, en prêtant main-forte à l'islamisation du Kosovo chrétien, sans l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, mais avec la bénédiction de la France et des médias moutonniers, proaméricains pour l'occasion.

Le répéter: le danger islamiste est réel, y compris en Europe et singulièrement en France, qui compte la plus forte communauté musulmane. Le dire n'est pas faire offense à la majorité des musulmans éclairés, qui sont les premières cibles de cette volonté de réislamisation de l'Oumma(la communauté musulmane). Le Mrap l'aurait-il enfin admis ? Il semble avoir renoncé à utiliser abusivement le terme «islamophobie» en admettant que «la critique de l'islam n'est ni un racisme antiarabe, ni un racisme antimusulman». Bonne nouvelle. Dernièrement, un rapport commandé par l'Institut des hautes études de la sécurité intérieure (IHESI) a révélé comment des associations subventionnées pour pacifier des quartiers et leur éviter l'enfermement et de communautarisme s'employaient, en fait, à les islamiser. Au point de faire craindre, selon le ministère de l'Intérieur, des «lendemains douloureux». Soyons plus clair : il est impossible d'écarter, pour le futur, l'hypothèse d'une rébellion d'une partie de la communauté maghrébine de France, qui a déjà importé l'intifada dans des banlieues armées. Une fracture civile est envisageable. La France ne la réduira pas en s'ouvrant toujours davantage à la cause arabo- musulmane.


Récupération propalestinienne

Illustration de la récupération de l'antiaméricanisme français par des militants de la cause arabo-musulmane : l'existence d'une liste «Euro-Palestine», qui se présente aux élections européennes du 13 juin en Ile-de-France. Elle est menée par l'humoriste Dieudonné et soutenue notamment par le comique Djamel Debbouze et le judoka Djamel Bourras. Il est intéressant de constater à quel point les arguments de Dieudonné - qui se présente comme ayant «soif d'humanisme» mais qui tient régulièrement des propos applaudis par les antisémites - sont conformes au discours dominant quand il dénonce «l'attitude irresponsable et arrogante des gouvernements israélien et américain» qui «risquent d'entraîner l'humanité dans une guerre planétaire».


Le manifeste «Euro-Palestine» demande aux gouvernements européens de refuser de «participer aux sales guerres de l'administration américaine, y compris sous prétexte de «libération», «pacification» ou «transition»». Pas un mot pour dénoncer la barbarie des islamistes qui encouragent des kamikazes à s'exploser au milieu de femmes et d'enfants israéliens, jurent la disparition de l'État hébreu et crachent sur les démocraties. Mais comment s'étonner de ces silences ? Dieudonné a déclaré en février 2002 : «Je préfère le charisme de Ben Laden à celui de George Bush.» En France, il n'y a pas que les cités qui pensent comme lui(...)




 

 

 

 

 

 

 

28/05/08

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